A Vidy, « La Vaudaire » ne pourra pas rouvrir l’été prochain – La Casa Luna

A Vidy, « La Vaudaire » ne pourra pas rouvrir l’été prochain

Lausanne: Le cauchemar administratif que vit le propriétaire de l’établissement, endommagé par un incendie, n’est pas encore terminé.

vaudaire
L’incendie, intentionnel, a éclaté à l’arrière du bâtiment. Son auteur n’a pas été identifié.

Image: Christian Brun
Par Federico Camponovo
27.02.2015
L’écrin est d’une beauté saisissante: entre le siège du Comité international olympique et les rives du lac, au cœur du parc de Vidy, « La Vaudaire » bénéficie d’un environnement dont rêveraient bon nombre de restaurateurs. L’établissement, pourtant, est fermé depuis la nuit du 1er juin 2013, quand un incendie a ravagé la partie arrière du bâtiment, construit en bois. Et le propriétaire de l’établissement, un dentiste à la retraite qui l’a acheté en 2011, se bat depuis cette date contre les lenteurs judiciaires et administratives.

Christian Hirt a dû commencer par attendre près d’une année que le procureur Xavier Christe boucle son enquête. Ce dernier n’a rien laissé au hasard, convoquant le propriétaire en tant que personne susceptible de donner des renseignements et demandant notamment à la brigade financière d’intervenir dans les investigations.
Au bout du compte, il a fini par prononcer une ordonnance de classement: l’incendie était bel et bien intentionnel, mais on ne connaîtra jamais l’identité de l’auteur. Dans l’intervalle, la Commune de Lausanne a signifié au propriétaire une suspension de l’autorisation d’exploiter un établissement public, sans toutefois lui fournir d’explication.
Si l’ordonnance de classement du procureur permet enfin aux assurances de Christian Hirt d’intervenir et de l’indemniser, « La Vaudaire », qui vit son deuxième été de fermeture, n’en est pas remise sur les rails pour autant. La réhabilitation d’un bâtiment endommagé par le feu exige en effet un nouveau permis de construire. Le propriétaire le dépose au début de l’automne dernier, peu avant une question de la Verte Maria Velasco qui, devant le Conseil communal, s’inquiète du devenir de l’établissement.
Nouvelles exigences
En novembre 2014, l’Office de la police des constructions avertit l’architecte qu’il subordonne l’octroi du permis à une série de nouvelles exigences. «Je ne peux plus me contenter de remettre le bâtiment en état pour tenter de le rouvrir en été 2015, précise Christian Hirt. Désormais, je dois également, parmi d’autres travaux supplémentaires, installer une ventilation flambant neuve dans la cuisine et dans la salle de restaurant. Cela va me coûter 100 000 francs de plus, alors que j’ai payé mes employés à ne rien faire pendant plusieurs mois après l’incendie et que j’endure une perte d’exploitation depuis bientôt deux ans.»
Chef de l’Office de la police des constructions, Jacques Henchoz ne nie pas les lourdeurs administratives: «Nous ne sommes que la porte d’entrée des demandes de permis de construire, qui impliquent que l’on consulte, au total, dix-neuf bureaux différents, explique-t-il. Dès lors, il est fréquent que nos services, qui ne peuvent pas contrôler régulièrement chaque établissement, profitent d’une nouvelle demande pour exiger de celui qui la dépose qu’il se mette aux normes. Des normes qui peuvent en décourager certains, je le comprends volontiers, mais qui ont été voulues par les politiques.»
Christian Hirt, lui, refuse de se décourager. «Trouver 100 000 francs de plus me pose évidemment un problème sérieux, et j’ai un peu l’impression d’être deux fois puni, dit-il avec amertume. Mais je n’ai pas l’intention de lâcher « La Vaudaire », même s’il est trop tard, désormais, pour prévoir une réouverture l’été prochain.»

(24 heures)

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