Inspirations – La Casa Luna

Inspirations


Journal des Bains 15 · été 2016

Les magistrats parlent des Bains

Un espace de convivialité indispensable à Genève

C’est un fait indéniable : le succès et la popularité d’un lieu public repose avant tout sur son acceptation, dès lors son appropriation par le public. L’histoire des Bains des Pâquis
a beaucoup à nous apprendre en ce sens. Le combat des citoyens genevois à la fin des années 80 pour les sauver en est le meilleur exemple.

Les Genevois avaient bien compris que ce lieu à l’atmosphère unique allait être dénaturé, son esprit trahi par la destruction-reconstruction projetée quelques années auparavant. Ne dit-on pas très justement que le mieux est l’ennemi du bien? La victoire de l’Association d’usagers des Bains des Pâquis qui s’était constituée pour défendre ce lieu a mis un terme à toute velléité de transformer cet endroit.

Depuis ce jour, l’attractivité et le succès de cette institution n’ont fait que croître. Plus qu’un simple lieu de rencontre et de baignade, cet espace a diversifié son offre dans les domaines culturel, associatif, événementiel, culinaire (ah ! la fameuse fondue au crémant), sportif et j’en passe. On s’y presse, on y accourt, on s’y prélasse, été comme hiver, pour voir ou se faire voir… c’est une évidence, ce lieu ne connaît pas la crise !

Ces Bains sont un exemple de réponse à une population toujours croissante en quête d’espaces publics et autres lieux de détente, de rencontre et de socialisation. En tant que ministre chargé de l’aménagement du territoire, cette problématique est au cœur de ma vision de la ville. C’est aujourd’hui que nous construisons la ville de demain, où il fait bon vivre et qui privilégie les espaces verts et naturels. Certes, l’exiguïté du territoire cantonal, même si nous devons développer encore notre vision de l’agglomération transfrontalière, nous impose de construire dense pour ne pas gaspiller le sol. Mais nous devons le faire sans oublier d’aménager des espaces de respiration, indispensables au bien-vivre ensemble. À l’image de l’histoire des Bains des Pâquis, la réflexion dans l’élaboration des nouveaux quartiers doit intégrer autant et dès que possible la population. Concertation, explication, discussion, adhésion puis appropriation sont les maîtres mots de la réussite d’un projet.

Mais quels seront les lieux de détente du futur, qui viendront compléter et diversifier l’offre des Bains des Pâquis? Je pense d’abord tout naturellement à la Plage des Eaux-Vives, tant attendue par le peuple genevois. Le grand projet Praille-Acacias-Vernets (PAV) sera quant à lui doté de plusieurs espaces publics, en particulier d’un grand parc; la promenade des Crêtes, qui s’étendra jusqu’à Lancy, sera un véritable lieu de vie, de rencontres et de détente grâce à ses aménagements, ses espaces arborés et son mobilier urbain; la remise à ciel ouvert des rivières au sein de ce futur quartier faciliteront le retour du contact avec l’eau, élément naturel tant prisé par les habitants et autrefois enfoui sous terre. À Bernex, un parc agro-urbain avec ses champs, sa ferme et son parc public servira de lieu d’échange et de valorisation des produits agricoles. Une esplanade centrale et une ouverture repensée sur l’Aire amèneront encore des lieux de détente au futur quartier des Cherpines, à cheval sur les communes de Confignon et Plan-les-Ouates.

Arrivera-t-on à insuffler autant d’âme, à instaurer une aussi belle ambiance dans ces futurs lieux de détente que celle qui règne aux Bains des Pâquis? Je l’espère vivement. Et j’encourage les Genevois à se les approprier, à les faire vivre, à les animer. Les pouvoirs publics aménagent des poumons de verdure. Mais ces derniers ne peuvent vivre et perdurer qu’avec l’âme et le cœur des habitants des quartiers qui les fréquentent.

* Conseiller d’État chargé du Département de l’aménagement, du logement et de l’énergie.

ANTONIO HODGERS *


Connaissez-vous les Aubes Musicales des Bains des Pâquis ? Modèle d’inspiration du projet  » La Casa Luna  »
Extrait concert Clube Do Coro Di Ginebra 26 août 2016

programme-aube-musicale


Connaissez-vous les aubes musicales des Bains des Pâquis ?
Et si elles pouvaient également trouver une place idyllique à « La Vaudaire » ! C’est le projet à soutenir de La Casa Luna.

La culture avant (l’heure de) la confiture

Tous ceux qui ont vécu les aubes musicales aux Bains des Pâquis vous le diront. Ce qui fait le charme de cette programmation unique en son genre, c’est que le public soit là, à cette heure là, pour assister au spectacle le plus admirable qui soit : le lever du jour. Il y a de la magie dans l’air quand la nuit s’efface pour laisser place à la clarté, de l’émotion aussi, lorsque les premiers rayons de soleil caressent le ciel et l’eau pour les napper de couleurs chaudes. C’est alors que la musique entre dans la ronde. Elle s’offre aux spectateurs de l’aube dans un décor somptueux et les berce dans ses harmonies jusqu’à ce que brille l’astre solaire. Peut-on rêver meilleure façon de commencer sa journée?

Journal des Bains 1 · printemps 2010

Certes, une telle mise en forme demande quelques efforts : brancher son réveil à pas d’heure
et parvenir à s’extraire du lit, bien que rien n’oblige à le faire. Dans l’obscurité et la fraîcheur du petit matin, se faufiler dans les rues endormies et gagner le quai du Mont- Blanc où convergent quelques grappes humaines. Il suffit enfin d’enjamber le Goléron pour constater que la vie a déjà pris ses aises de l’autre côté du pont.
Il n’est pas encore 6 heures du matin, et pourtant de nombreuses silhouettes s’activent sur la jetée. Aux nettoyeurs des bains, habitués à oeuvrer dès potron-minet, se joignent les nouveaux arrivés. Des chaises, des bancs sont disposés face au large. Les personnes s’y installent presque en chuchotant, pour ne pas troubler la quiétude qui règne en ce lieu. Des cygnes dorment encore sur les galets.
Quelques canards aussi. Du côté de la buvette éclairée, les cafés sont servis tandis qu’à la rotonde, on procède aux derniers réglages. Les musiciens se chauffent, la sono se rode.
L’humidité des petits matins ne convient pas forcément aux instruments à cordes qui se désaccordent. Et puis les doigts du violoniste sont un peu gourds, les touches du piano glissantes. Mais il est bientôt six heures du matin, et le spectacle va démarrer.
Les aubes musicales sont parvenues à drainer sur la jetée des Bains des Pâquis des foules insoupçonnées de lève-tôt. Du 19 juillet au 11 septembre, près de 160 artistes ont ainsi participé à l’événement. Les 56 concerts ou représentations donnés par un temps relativement clément ont attiré en moyenne 200 à 300 personnes. Faute de billetterie, on ne peut pas articuler un chiffre plus précis de fréquentation, ce rendez-vous matinal étant offert à la population genevoise.
Au cours de l’été écoulé, les musiciens se sont produits dans une très grande variété de styles et de taille. En solo, en petites ou moyennes formations, voire en troupe, à l’occasion des cinq spectacles musicaux qui ont animé les lieux. Le public a parfois été amené à se déplacer dans différentes parties des Bains pour suivre des compagnies particulièrement baladeuses. Et les rares fois où il a fait un sale temps, ces concerts ont eu lieu sous l’auvent, dans une forme plus intimiste, sans lever de soleil spectaculaire, mais non sans charme.
Les aubes musicales ont commencé timidement en 2007 par une semaine de programmation de concerts entre six heures et sept heures du matin. Les trois premiers ont eu lieu sous une pluie battante. Cela aurait pu refroidir l’équipe « animations culturelles » du comité de l’AUBP. Et bien non. Elle a au contraire développé le projet et organisé pour l’été 2008 un mois d’aubes musicales, et près de deux mois l’année suivante. Comme on ne change ni une équipe ni une formule qui gagne, les aubes musicales feront encore se lever les foules en 2017.
Ils sont nombreux, tous ces Genevois qui se font du bien dès le matin, en prolongeant les cérémonies de l’aube dans l’eau. Ils repartent de là dopés par de bonnes énergies, prêts à profiter du jour nouveau.



Le site de « La Vaudaire » représente l’espace absolument idéal pour la création d’un café parents – enfants.

Un concept génial d’utilité publique en vogue partout en Europe…

Café des enfants, le nouveau phénomène !

C’est quoi un café des enfants ?

Un café des enfants est un café associatif ouvert à tous principalement aux enfants de 0 à 18 ans et à leur entourage familial et social dans lequel on peut boire et manger, où l’on vient jouer, se rencontrer, lire, se reposer, ne rien faire…

C’est un lieu de vie qui propose des animations, des évènements festifs mais aussi de la petite restauration issue des paniers des producteurs locaux et qui puisse être à la portée de tous. C’est un lieu aménagé permettant l’accueil des enfants et spécifiquement adapté et sécurisé à l’accueil de la petite enfance et aux besoins des parents. Ce n’est pas un mode de garde. Les enfants sont sous la responsabilité des adultes qui les accompagnent.

Pourquoi un café des enfants ?

  • Parce que c’est chouette de pouvoir sortir avec ses enfants
  • Pour prendre du temps avec ses enfants.
  • Pour que des « grands » fassent des activités avec des « moins grands » (grands-parents, nounou, grands frères…).
  • Parce que c’est parfois dur de rester tout(e) seul(e) à la maison toute la journée avec des enfants, de vivre toute une journée isolé(e) avec un bébé ou un bambin.
  • Parce que personne ne peut être disponible à 100 % tout le temps, aucune personne ne peut répondre seule aux besoins de son enfant et que plus ils sont jeunes, plus ils sont importants.
  • Pour permettre aux parents, s’ils le souhaitent, de passer du temps avec leurs enfants, sans avoir à faire le choix entre l’isolement ou faire garder son enfant.
  • Pour souffler un peu. Pour faire une pause dans nos tâches (ménagères…), rencontrer du monde sans avoir à nettoyer après…
  • Parce que c’est possible de sortir avec des enfants, qu’ils soient petits ou même plus grands.
  • Pour casser cette séparation dans notre société quasi systématique enfant-adulte.
  • Parce que l’enfant apprend au contact des adultes, que ce soit ses parents mais aussi ses proches (amis, voisins, commerçants, artisans, etc.).
  • Parce que le café est un lieu où on peut échanger, rencontrer, créer des liens, et que ça intéresse aussi bien les petits que les grands.
  • Parce que c’est rassurant de sentir qu’on peut se poser dans un lieu publique quelque part avec son enfant sans avoir peur de gêner.

Ce nouveau concept s’empare du coeur des villes depuis quelques années ! Lieux de vie vraiment pas comme les autres, les cafés des enfants ouvrent leurs portes un peu partout en Europe. Il s’agit de lieux très semblables à nos cafés habituels, mais spécialement adaptés aux tout petits. Allons donc y faire un retour !

Des cafés rien que pour les enfants, na !

Envie de prendre un verre avec votre tribu sans subir le regard noir de vos voisins de table irrités par vos enfants déambulant dans les allées du café ? C’est désormais possible, grâce au nouveau concept de “café poussette” ou “café des enfants”.

Les cafés des enfants sont des projets associatifs qui voient le jour dans les quartiers pour permettre aux petits citadins de bénéficier d’activités à faible coût.

Véritable lieu de vie, d’échange, de rencontres et d’éveil, ces nouveaux lieux “kid friendly” proposent chaque semaine des ateliers pour les enfants, les parents et grands-parents, des moments de détente avec des spectacles, des lecture de contes, des séances de massage, des ateliers culinaires, l’organisation d’anniversaire à thème…

Ces espaces valorisent également les produits éthiques et bio, afin de sensibiliser les enfants dès la petite enfance. Ainsi, ces structures associatives inscrites dans une démarche de développement durable et d’économie solidaire valorisent les produits frais, locaux, de saison et issus du commerce équitable.