Un nouveau projet pour la Vaudaire sur les rails – La Casa Luna

Un nouveau projet pour la Vaudaire sur les rails

Lausanne: La mise à l’enquête pour la rénovation de la buvette récolte une opposition. Elle appelle la Ville à reprendre le terrain, mais celle-ci aurait déjà manqué le coche.

24Heures – 16.08.2017 – Chloé Banerjee-Din

La Vaudaire pourrait ouvrir à nouveau ses portes l’été prochain. Pour autant qu’un coup de théâtre ne s’invite pas dans un feuilleton déjà riche en rebondissements. Plus de quatre ans après l’incendie qui a détruit la buvette du bord du lac, à Vidy, une mise à l’enquête vient de s’achever pour un projet de rénovation du bâtiment. Pour le propriétaire, c’est la deuxième tentative, après une première proposition écartée par la Ville de Lausanne à la fin de l’année 2016.

Pour mettre toutes les chances de son côté, le nouveau projet promet cette fois un établissement refait à l’identique, pouvant accueillir un maximum de 150 personnes selon les plans de la demande de permis de construire. «Ce sera un restaurant comme on en trouve un peu partout au bord du lac», assure le directeur du Groupe hôtelier BOAS, Bernard Russi, qui doit reprendre les rennes de la Vaudaire en rachetant le terrain au propriétaire actuel.

C’est précisément ce que tente d’empêcher l’association Casa Luna avec le dépôt de l’unique opposition qu’a récoltée la demande de permis de construire. Son président, Bernard Decrey, ne baisse pas les armes pour donner une chance à son projet alternatif, entre restaurant et espace à visée sociale, et attaque la transaction projetée avec le groupe BOAS. «Le propriétaire a fait de la surenchère», dénonce-t-il, rappelant que le terrain fait l’objet d’un droit de superficie cédé au propriétaire par la Ville de Lausanne. Selon son opposition, le prix de vente se monterait à 1,8 million de francs alors qu’avant l’incendie de 2013, la valeur fiscale du terrain était estimée à 600 000 francs. Il en appelle à la Ville pour qu’elle refuse le permis de construire et exerce son droit de préemption pour racheter elle-même le terrain. Son espoir: que la renaissance de la Vaudaire soit mise au concours.

«Le montant qu’avance la Casa Luna est faux et complètement surévalué!» balaie quant à lui le propriétaire, Christian Hirt. L’opposition déposée par l’association aurait en tout cas peu de chance de barrer sa route. «Si le projet propose une reconstruction à l’identique, comme c’est le cas en général, la Ville n’aura pas de prise pour le refuser», relève Natacha Litzistorf, municipale en charge du logement, de l’environnement et de l’architecture. Elle ne déclare pourtant pas complètement forfait: «La Municipalité maintient sa volonté d’ouvrir le jeu pour un établissement comme celui-ci, si l’opportunité se présente.»

Pour Christian Hirt, la Ville a toutefois déjà laissé passer sa chance: «J’ai signé ce contrat de vente à terme avec le Groupe Boas il y a un an déjà et il sera évidemment respecté. La Ville a été immédiatement avisée et avait trois mois pour exercer son droit de préemption, mais elle ne l’a pas fait. Elle s’est mise hors jeu de fait.»

Vous aimerez aussi...